Le choix de Tim Walz comme colistier de Kamala Harris a suscité une vague de commentaires suggérant que le simple fait d’élever un ancien entraîneur de football d’une petite ville au rang de candidat à la vice-présidence permettrait aux Démocrates de s’assurer l’allégeance des électeurs ruraux de tout le pays.
À première vue, une telle analyse semble aller de soi. Walz, le gouverneur du Minnesota, a grandi dans une petite ville rurale du Nebraska et dirige un État du Midwest doté d’une forte identité rurale. Et il est difficile de nier que sa désignation par Harris a permis à de nombreux défenseurs de la ruralité de se sentir mieux représentés – un sentiment qu’ils n’avaient pas éprouvé depuis un certain temps. D’ailleurs, son emblématique casquette kaki peut désormais être arborée pendant la saison de chasse.
Mais un examen plus approfondi révèle que ces attentes peuvent être trop simplistes et optimistes.
Tom Williams/CQ Roll Call/Getty Images
La nationalisation de l’électorat rural
Si la nomination de Walz peut avoir une valeur symbolique, s’il est volontiers présenté comme un « gars sympa du Midwest », amateur de corn-dogs (sandwich typique des campagnes américaines) et de « blagues de papa », c’est sans doute trop demander que d’espérer que sa seule présence sur le ticket démocrate suffise à reconfigurer en profondeur la géographie politique américaine. En effet, comme le politologue Dan Shea et moi-même l’avons montré dans notre livre The Rural Voter, les Républicains se sont largement imposés dans le monde rural aux États-Unis au cours des 40 dernières années.
D’une certaine manière, Walz a construit sa…
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Auteur: Nicholas Jacobs, Assistant Professor of Government, Colby College

