Cela sonne comme un joli prénom, mais c’est en politique un acronyme détestable, et un poison pour la démocratie. « There is no alternative », TINA donc, était la formule préférée de Margaret Thatcher. Et c’est aussi le credo d’Emmanuel Macron, et l’explication du sort qu’il a réservé au résultat des législatives des 30 juin et 7 juillet, et de l’extrême embarras qui s’ensuivit. Si on replace ce long épisode dans une perspective historique, au-delà de l’écume politique, on comprend mieux son issue, toute provisoire. Nous sommes bien depuis quarante ans sous l’imperium de TINA, énoncé jadis par la première ministre britannique – « la vieille sorcière » comme l’avait surnommée le journaliste Daniel Mermet.
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On pourrait remonter au traité de Maastricht qui a fixé en 1992 un cadre économique qui ne laissait guère de place à la question sociale. Souvenons-nous surtout du référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005. Rejeté par une majorité de Français, il avait finalement été adopté de façon à peine édulcorée en 2009, par la magie d’un tour de passe-passe parlementaire avec l’abstention complice des socialistes. Il ne fallait pas, déjà, que le vote populaire ait le dernier mot. Plus près de nous, le dogme TINA est aussi l’explication de la réforme des retraites. Neuf Français sur dix pouvaient bien être contre, et des centaines de milliers pouvaient bien manifester, l’exécutif l’a imposée.
Le choix s’est porté sur Michel Barnier parce qu’il garantit la réforme qui symbolise toutes les politiques libérales.
Ce n’est d’ailleurs pas par hasard si cette réforme est au centre…
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Auteur: Denis Sieffert

