Titanic & Dirty Dancing : le mythe de la bourgeoise amoureuse d’un prolétaire

Pourquoi nos imaginaires, nourris dès l’enfance par Aladdin, La Belle et le Clochard ou Cendrillon puis rejoués à l’âge adulte dans Flashdance, Pretty Woman ou Moulin Rouge!, sont-ils obsédés par l’idée qu’une jeune personne bourgeoise pourrait trouver la liberté, la joie ou la “vraie vie” au contact d’une femme ou d’un homme issu du “peuple” ? Dirty Dancing et Titanic, deux monuments du cinéma populaire, prolongent ce fantasme ancien : celui d’une rencontre improbable entre des mondes que tout sépare : privilèges, humiliations, codes sociaux et horizons de vie. Mais ces films n’ont rien de simples romances. Ils fonctionnent comme des expériences de pensée où la lutte des classes se déplace sur le terrain du désir, où l’intime sert à tester ce que le réel interdit. Ils mettent en scène une “vitalité populaire” à la fois réjouissante et fantasmée, qui révèle autant qu’elle dissimule le regard bourgeois porté sur les classes dominées. Et surtout, ils posent une question politique aussi vieille que les contes : qu’est-ce que l’amour peut réellement franchir dans un monde structuré par la classe ?

Deux films cultes qui reposent sur la même mécanique : une rencontre impossible, rendue spectaculaire

La force de Dirty Dancing et de Titanic, c’est de raconter des histoires que tout le monde connaît déjà… mais qui n’arrivent que rarement dans la vraie vie. Les deux films reprennent la même structure : une jeune bourgeoise enfermée dans un univers rigide, dont le destin est décidé par sa classe et par les hommes, tombe amoureuse d’un homme du peuple qui incarne tout ce qu’elle n’a pas le droit d’être. Dans Dirty Dancing, Baby découvre dans une arrière-salle moite ce que son milieu lui interdit : la danse libre, les corps qui se touchent, la solidarité d’un groupe soudé par la précarité. Dans Titanic, Rose rencontre Jack, artiste fauché, qui porte en lui une liberté…

La suite est à lire sur: frustrationmagazine.fr
Auteur: Farton Bink

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