Arlington (États-Unis), reportage
Septième plus grosse ville du Texas, Arlington s’enorgueillit d’être l’« American Dream City » (« la ville américaine de rêve »). Les habitants et les défenseurs de l’environnement lui préfèrent le surnom de « Total City » pour la supposée complaisance des conseillers municipaux envers la major française. Dans cette agglomération d’un peu plus de 400 000 habitants, le géant français de l’énergie possède la majorité des installations pétrogazières, avec près de 190 puits de gaz de schiste en activité, répartis sur 46 sites différents. Avec de lourdes conséquences sanitaires.
C’est là que neuf matchs du Mondial 2026 — organisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique du 11 juin au 19 juillet — seront disputés. Avant cette compétition de football, où des fans du monde entier convergeront vers les tribunes du mythique stade des Dallas Cowboys, Reporterre s’est rendu dans cette ville rongée par les énergies fossiles et aux mains de la toute-puissante major française.
« TotalEnergies ne pollue pas seulement notre environnement, mais aussi nos institutions publiques », soupire Ranjana Bhandari, fondatrice et directrice de Liveable Arlington, une organisation écologique et citoyenne. « Notre plus grand défi, c’est de réussir à rouvrir cet espace démocratique pour que les citoyens puissent à nouveau se faire entendre. »
Sur les quelque 450 puits forés à Arlington par TotalEnergies et d’autres compagnies pétrolières ces quinze dernières années, seuls deux permis ont été refusés. Le gaz de schiste, emprisonné dans le sol, est obtenu grâce à une fracturation hydraulique très polluante.
Vaste gisement de gaz de schiste
Depuis sa reprise en main des actifs de Chesapeake Energy en 2016, le groupe français multiplie les opérations de forage et les demandes de permis. Avec un Jim Ross réélu de justesse pour un troisième et…
Auteur: Théo Quintard

