En mars 2026, le groupe TotalEnergies a déclaré renoncer à deux concessions d’éolien offshore sur la côte Est des États-Unis. En échange, l’administration Trump, ouvertement hostile au développement des énergies renouvelables, a promis des investissements de plus de 801 millions d’euros. Cet accord, qualifié de « gagnant-gagnant » par les deux parties, constitue un précédent juridique inédit. Il intervient au pire moment pour les États-Unis, qui doivent faire face à une augmentation massive de la demande d’électricité et fragilise la crédibilité des engagements ESG de la major pétrolière.
L’annonce est intervenue discrètement et l’actualité chargée des deux derniers mois aura eu tôt fait de la chasser des radars. Elle marque pourtant un précédent questionnable. Le 23 mars 2026, lors de la conférence CERAWeek à Houston (Texas), Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a annoncé un accord d’environ 930 millions de dollars (plus de 801 millions d’euros) avec l’administration Trump.
Cet accord prévoit l’abandon par le groupe français de ses deux concessions d’éolien offshore sur la côte Est américaine, Carolina Long Bay et New York Bight, ainsi qu’un redéploiement des investissements vers les hydrocarbures, en particulier le gaz naturel liquéfié (GNL). Le dirigeant a qualifié cet accord de « gagnant-gagnant », une formule qui mérite d’être décortiquée.
Présenté comme une sortie pragmatique d’investissements devenus « politiquement hostiles », cet accord renvoie en réalité à…
Auteur: Wissem Ajili Ben Youssef, Professeur associé en Finance, EM Normandie

