Paris, reportage
La mauvaise foi de TotalEnergies va-t-elle lui permettre d’échapper à une amende ? Le pétrolier s’est défendu des accusations de pratiques commerciales trompeuses concernant son engagement écologique, le 5 juin, devant le tribunal judiciaire de Paris. Cette audience était la première, en France, à examiner l’ambition de neutralité carbone d’une entreprise d’énergies fossiles, engagée dans une stratégie d’expansion fossile. Le délibéré du procès sera rendu le 23 octobre.
Le géant français a été assigné en justice en 2022 par trois associations françaises : les Amis de la Terre, Greenpeace et Notre affaire à tous.
« TotalEnergies passe presque pour un champion de la transition écologique »
Les ONG dénonçaient une campagne de communication lancée en 2021, diffusée sur le site internet et les réseaux sociaux du groupe à l’occasion de son changement de nom, de Total à TotalEnergies. Parmi les faits reprochés à l’entreprise : l’utilisation d’expressions telles que « neutralité carbone », « contribution au défi climatique » et « gaz naturel ». En utilisant de pareils termes, « TotalEnergies passe presque pour un champion de la transition écologique », a halluciné Clémentine Baldon, avocate des associations, face à une salle si remplie que curieux et journalistes ont dû s’asseoir par terre.
Défense sur la forme plutôt que le fond
Mais pour la défense, il n’en est rien. À la barre, Françoise Labrousse, avocate de TotalEnergies, a expliqué que son client n’avait jamais parlé d’engagement écologique… mais plutôt d’ambition. Nuance ! Pendant une heure et demie, les trois avocats de la société ont articulé leurs plaidoiries autour de la forme de la communication plutôt que son fond. Leur principal argument : la campagne de communication ne s’est pas faite sur le site…
Auteur: Lila Martin

