Suffit-il d’un changement de nom pour s’acheter un certificat de bonne conduite écologique ? En 2021, Total est devenue « TotalEnergies » pour marquer son souhait de diversification au-delà des hydrocarbures, son cœur de métier historique.
« Prendre en compte le scénario 2°C, c’est intégrer le fait que les hydrocarbures, notamment le pétrole, sont des marchés matures, voire déclinants », a déclaré son PDG Patrick Pouyanné. Il n’en fallait pas plus pour que son entreprise soit vantée comme un modèle de « transition ».
Mais Total a-t-il véritablement changé ? Certes, le groupe a multiplié les annonces – ici l’acquisition d’une entreprise spécialiste des batteries, là un investissement dans des « puits de carbone ». Mais si l’immense majorité de sa communication est consacrée à vanter ses initiatives en matière de transition, son argent continue à aller, en pratique, au développement des énergies fossiles.
C’est ce dont témoigne le projet emblématique d’extraction pétrolière du groupe en Ouganda, aujourd’hui ciblé par une campagne internationale de grande ampleur. Et TotalEnergies ne compte pas s’arrêter là : Mediapart a recensé pas moins de vingt nouveaux projets, découvertes de réserves ou contrats ayant trait à l’extraction d’énergies fossiles au cours de l’année 2022.
Il est également directement impliqué dans certaines des plus grosses « bombes climatiques » identifiées par le Guardian – autrement dit les réserves de pétrole, charbon ou gaz encore non développées –, dont la principale d’entre elles : les immenses champs gaziers offshore au large du Qatar, dont TotalEnergies est le premier partenaire étranger. Or même l’Agence internationale de l’énergie, pourtant pas un foudre de guerre sur ces questions, préconise l’arrêt immédiat de tout nouveau projet pétro-gazier.
L’art de la diversion
Comment TotalEnergies peut-il continuer à se…
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Auteur: Alice Picard, Olivier Petitjean

