Le taux de pauvreté est resté stable, à 15,4 % de la population, en 2024 en France métropolitaine, soit le plus haut niveau jamais mesuré, indique jeudi l’Insee, qui fait également état d’un accroissement des inégalités.
Concrètement, cela signifie que 9,8 millions de personnes se trouvaient en 2024 en situation de pauvreté monétaire, c’est-à-dire qu’elles disposaient de revenus mensuels inférieurs au seuil de pauvreté, fixé à 60 % du revenu médian, soit 1 337 euros pour une personne seule, détaille l’Institut national de la statistique.
Certes, les niveaux de vie des plus modestes se sont redressés « grâce à une situation sur le marché du travail toujours assez bien orientée et aux revalorisations du salaire minimum, des pensions de retraite et des prestations sociales alors que l’inflation ralentit », explique l’Insee. « Mais ils n’augmentent pas plus vite que les niveaux de vie du milieu de l’échelle, qui profitent également d’une partie de ces effets ».
Un record qui s’installe dans la durée
L’évolution du bas et du milieu de l’échelle étant similaire, le taux de pauvreté reste stable en 2024, à son plus haut niveau mesuré depuis le lancement de cet indicateur en 1996. Entre 2022 et 2023, il avait bondi de 0,9 point.
« La pauvreté reste à un niveau historique inacceptable et continue de s’enraciner », a déploré dans un communiqué le collectif Alerte. « Une stabilité statistique n’est pas une victoire sociale ». Cet organisme qui réunit 37 associations de lutte contre la précarité appelle notamment le gouvernement à « faire de l’éradication de la grande pauvreté un objectif politique prioritaire ».
En 2024, les inégalités ont par ailleurs progressé en France pour atteindre « un niveau historiquement élevé », du fait de la progression des plus hauts revenus, selon l’Insee.
Les profils les plus…
Auteur: La Croix (avec AFP)

