30 000 manifestants selon les organisateurs (et à peine moins selon la Préfecture), dans le chef-lieu de l’Hérault. 10 000 à Béziers et 7 000 à Sète (de source syndicale). La deuxième grande journée de mobilisation contre la réforme des retraites a permis d’en grossir encore les rangs. Mais avec quelles perspectives pour gagner ?
Sous un soleil enfin décidé à faire pressentir qu’il y a un printemps après l’hiver, on a passé un bon bout de la matinée de ce mardi 31 janvier sur les grands axes de Montpellier, à se demander si la mobilisation contre la réforme des retraites avait monté d’un cran. Ou pas. Téléphones portables aidant, on constatait que la queue de cortège quittait la place Zeus, presque au bout d’Antigone, quand la tête attaquait le raidillon du Peyrou en vue de tourner sous l’Arc de Triomphe. Le bras de fer comptable avait rendu son verdict : 30 000 manifestants étaient annoncés à l’arrivée sur la Comédie, par Serge Ragazzacci, secrétaire général départemantal de la CGT. Vite, on apprenait par d’autres canaux l’estimation de la Préfecture, pour une fois étonamment proche : 25 000. En début de soirée tomberont les chiffres nationaux : 1,27 million de manifestants selon la police, 2,8 millions selon la CGT. Dans tous les cas plus encore que le 19 janvier.
Supérieurs de plusieurs milliers à ceux de la manifestation analogue le 19 janvier, ces chiffres montpelliérains calibrent un énorme fleuve humain, d’autant plus appréciable qu’il fait suite à des années de sècheresse dans les résultats des luttes. Ce fleuve a de longs méandres puisants mais tranquilles, et quelques sections plus tumultueuses. Il irrigue un terreau de résistance toujours pas asséché. Dans cet esprit on remarqua deux pancartes. L’une : « Qui aurait pu prévoir la révolte de ceux qui ne sont rien ? ». L’autre : « Ne soyons pas, sans résistance, les instruments de leur démence ».
Ces grands rassemblement syndicaux se ressemblent toujours : calicots pré-imprimés, répertoire musical puisé à la chanson à texte frottée de rap indépendant, suite de cortèges fédéraux où la CGT marque sa supériorité en masse et en tête, Force Ouvrière ne manque pas non plus de bataillons, la CFDT ne mobilise pas sur le pavé en proportion de ce qu’elle engrange au fond des urnes, et les Solidaires bien plus modestes en nombre redoublent de détermination expressive.
On consignera la parfaite unité de mot d’ordre intersyndical : « La retraite elle est à nous –…
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Auteur: Le Poing

