Le tableau est d’une élégance folle. Un fond bleu azur sur lequel se découpent les principaux bâtiments de Florence et, au premier plan de ce décor presque trop grand pour eux, les coureurs de la formation EF Education-Easypost qui ouvrent jeudi 27 juin la présentation officielle des équipes du Tour de France 2024 sur le podium posé sur l’esplanade Michelangelo et dominant la cité. Celui que toute la foule regarde ne porte pas le même maillot que les autres, mais une tunique tricolore qui lui vaut une ovation majeure : Alberto Bettiol en vert, blanc et rouge, récent champion d’Italie et enfant de Toscane, forcément fêté comme il se doit.
Casquette aux couleurs nationales sur la tête, Marco, au pied de l’estrade, apprécie le spectacle et le coureur de 30 ans, mais ne s’enflamme pas outre mesure : « Au moins verra-t-on avec lui le drapeau italien sur la course, ce qui n’est déjà pas si mal, lâche cet amateur de cyclisme de 60 ans. Car je ne suis pas sûr que nos seulement huit représentants cette année parviennent à se distinguer. Des Italiens dans les premières places qui nous régalent, il n’y en a plus beaucoup. »
Nostalgie transalpine
Il faut dire qu’ils ne sont plus légion, les Transalpins, à jouer des coudes dans le peloton. On en comptait encore 17 au départ du Tour il y a dix ans. Depuis, le groupe a fondu à six unités l’an dernier, pour à peine remonter à huit coureurs, éparpillés dans sept équipes, pour cette 111e édition. Difficile dans ces conditions de collectionner les succès d’étapes. Aucun Italien n’a levé les bras sur la Grande Boucle depuis 2019 et la victoire de Vincenzo Nibali sur la 20e étape à Val Thorens. Le « requin de Messine » reste d’ailleurs la dernière gloire nationale, avec quatre victoires en grands tours à son actif (Tour de France 2014, Tour d’Italie 2013 et 2016, Tour d’Espagne en 2010).
Depuis, c’est morne plaine et triste constat. Même…
La suite est à lire sur: www.la-croix.com
Auteur: Jean-Luc Ferré, envoyé spécial à Florence (Italie)

