Y a-t-il encore de grands « équilibres » mondiaux dans le monde dans lequel nous vivons ? « C’est terminé, à la fois d’un point de vue objectif et d’un point de vue subjectif », répond d’emblée Bertrand Badie (1), spécialiste des relations internationales et professeur émérite à Sciences Po Paris. « Ce que l’on appelait le ‘campisme’ est mort depuis que les grands blocs n’existent plus – même si la plupart des dirigeants occidentaux peinent à s’en persuader et veulent encore, pour certains, y croire –, notamment depuis la fin du bloc soviétique et alors que la plupart des dictatures demeurent dans le camp occidental. »
Ce que l’on appelait le ‘campisme’ est mort depuis que les grands blocs n’existent plus.
B. Badie
Le temps où l’Inde ou l’Algérie « s’alignaient » plus ou moins sur les positions du camp soviétique est bel et bien terminé, tout comme Israël n’obéit plus inconditionnellement aux États-Unis d’Amérique. De même, l’Arabie saoudite ou la Turquie, pourtant membre de l’Otan mais aujourd’hui proche de la Russie, ne sauraient être considérées comme des puissances directement adhérentes à l’ancien bloc occidental, ou « européo-états-unien », comme l’a parfois qualifié Bertrand Badie. Ce dernier souligne donc qu’« il n’existe plus de ‘suivisme’ unilatéral, bloc contre bloc », tel qu’on l’a connu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et comme on le voit aujourd’hui dans les votes adoptés à l’Organisation des Nations unies (ONU).
Le monde connaît des déséquilibres internationaux structurels que les grands dirigeants étatiques semblent avoir du mal à appréhender. Le dérèglement climatique est aujourd’hui une des causes principales de l’instabilité internationale qui, bien qu’ignorée – à dessein – par beaucoup d’États, entraîne…
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Auteur: Olivier Doubre

