Cette semaine, le gouvernement a annoncé un projet de budget dont le mot d’ordre est simple : prendre aux pauvres pour donner aux riches. Les très grandes entreprises (à partir de plus de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires), un temps soumises à une légère hausse de l’impôt sur les bénéfices, seront dédouanées l’année prochaine d’une partie de leurs obligations fiscales. Ça coûtera plusieurs milliards de manque à gagner, que le gouvernement compte compenser en gelant les APL et les allocations familiales, qui ne suivront donc plus l’inflation, qui pourtant explose. Rien que cette annonce mérite, de la part d’une population qui veut en finir avec des décennies d’humiliation et un avenir catastrophique, qu’elle se rallie à ceux qui mettent le feu. Et ceux qui mettent le feu, ce sont les lycéennes et les lycéens.
Tout a commencé à Créteil en région parisienne. Le 17 septembre, des enseignants du lycée Saint Exupéry ont protesté contre un trop grand nombre de postes vacants ou de non remplacement. Des élèves de Terminale ont pris le relais en fin de journée en mettant en place un blocus et des pancartes à l’entrée de l’établissement. « on ne demande pas le luxe, raconte un lycéen à France Inter, on demande juste le minimum en fait. L’égalité, entre la banlieue et par exemple dans le 16e, l’égalité des chances quoi, de réussir. » Grâce à la viralité des réseaux sociaux, le mouvement s’est rapidement étendu à d’autres établissements franciliens dans la semaine qui a suivi. Des lycéens de Saint-Denis ont documenté eux-mêmes les raisons de la colère, qui sont les plus flagrantes dans un ensemble de vidéos tournées par eux et montée par le média Loopsider : on y voit un établissement vétuste, des rats, des fuites d’eau, ce qui vient compléter le tableau dessiné en mai et juin dernier lorsque le manque d’isolation thermique et de protection solaire des salles de classe les ont…
Auteur: Nicolas Framont
