Les feux de forêt par temps de canicule sont devenus une chronique estivale récurrente, avec une ampleur croissante. En 2022, c’était la lande sud-girondine, avec un pic à La Teste-de-Buch autour de la dune du Pyla, qui s’enflammait. Cette année, c’était le tour de l’Aude et son massif des Corbières. Ces deux sinistres, comme ceux dans les pays du pourtour méditerranéen, sont bien sûr l’une des conséquences du réchauffement climatique, mais plus encore peut-être du mode d’appropriation et d’exploitation des forêts.
La transformation du modèle productif a des conséquences redoutables.
Bien que géographiquement très différentes, la Gironde, un plat pays couvert essentiellement de pins maritimes, et l’Aude, un arrière-pays accidenté où prédomine la garrigue, ont deux massifs forestiers qui présentent des ressemblances propices à la propagation très rapide des incendies. Les Corbières connaissent un embroussaillement croissant qui constitue un combustible facilement inflammable. Sa première cause est le recul du pastoralisme : le bétail ne nettoie plus la garrigue et les hommes au travail ne l’y habitent ni ne la parcourent plus. S’ajoutent à cela le recul de la vigne et le retrait des viticulteurs qui entretenaient les alentours.
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Dans les Landes de Gascogne, mêmes causes, mêmes effets : disparition du pastoralisme d’antan (les bergers sur leurs échasses ne se voient plus que dans les fêtes de village), là aussi embroussaillement progressif de la forêt. Et la transformation du modèle productif a des conséquences redoutables : l’activité de gemmage abandonnée à partir de la décennie 1960, pour laquelle une main-d’œuvre considérable était…
Auteur: Jean-Marie Harribey

