Sécheresses, inondations, canicules, incendies… L’Europe vit déjà le choc du changement climatique. Le service européen Copernicus le rappelle, une fois encore, dans son rapport annuel sur l’état du climat de l’Europe, publié vendredi 22 avril. « 2021 a été une année d’extrêmes, avec l’été le plus chaud d’Europe, des vagues de chaleur en Méditerranée, des inondations et des sécheresses dues au vent en Europe occidentale », a résumé Carlo Buontempo, directeur de Copernicus, dans un communiqué.
Ce rapport, le cinquième du type, est une compilation inédite des données climatiques et météorologiques au niveau européen. Températures en mer et sur terre, pluviométrie, concentration de gaz à effet de serre ou encore fonte des glaces. Tous ces indicateurs sont au rouge : le climat se dérègle en Europe. « 2021 est typique du climat actuel, un climat extrême, avec de nombreuses et différentes perturbations, précise par téléphone à Reporterre Vincent-Henri Puech, directeur du service de surveillance de l’atmosphère de Copernicus. Dans les années 1980, cette année aurait été exceptionnelle ; aujourd’hui, c’est devenu la norme. »
Les anomalies de température en 2021 (en moyenne et en degrés Celsius) comparées à la période 1991-2020. C3S/ECMWF
Après un printemps frais, marqué par des épisodes de gels tardifs, l’Europe a connu l’été le plus chaud jamais enregistré. Les températures annuelles à la surface des mers Baltique et Méditerranée ont été les plus élevées depuis au moins 1993 ; dans certaines parties de la Baltique, l’eau a été 5 °C plus chaude que la moyenne. À l’intérieur des terres, « de nombreux records de température ont été battus », souligne le rapport, dont un record européen de 48,8 °C en Italie. Dans certaines régions d’Italie, de Grèce et de Turquie, la canicule a duré deux à trois semaines. Ces conditions extrêmes ont favorisé des feux de forêt dévastateurs, notamment sur le pourtour méditerranéen. « La superficie brûlée totale en juillet et août dans la région méditerranéenne a dépassé 800 000 hectares », peut-on lire. Soit la superficie du département du Puy-de-Dôme. Plus au Nord, « d’intenses feux de forêt en Sibérie subarctique ont entraîné une propagation de fumée en Arctique », et émis moult gaz à effet de serre — « la quatrième plus grande quantité d’émission de carbone due aux incendies » depuis le début des relevés.
Ce même été, d’autres records ont été…
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Auteur: Lorène Lavocat (Reporterre) Reporterre

