Le 1er novembre 1954 c’est la première fois que plusieurs actions coordonnées à plusieurs endroits différents de l’Algérie sont organisées dans le cadre de la résistance anticoloniale. Le FLN – Front de libération nationale – nouvellement créé attaque des casernes et des commissariats afin d’y récupérer des armes. Évidemment, la presse parle d’attentats commis par quelques agitateurs, de complot organisé par des «ligues musulmanes». On minimise l’affaire, la situation est sous-contrôle. François Mitterrand, alors ministre de l’Intérieur, organise la répression anti-terroriste. On ne parle pas de guerre mais de « remise en ordre intérieur » voire de « pacification ». Le FLN n’est jamais mentionné ni même ses revendications.
C’est seulement a posteriori que le mot guerre sera employé et enfin reconnu par le gouvernement français en 1999, et c’est seulement plus tard qu’on parlera de «Toussaint rouge» pour cette date. Si on ne compte pas moins d’une soixantaine d’attaques à travers le pays ce jour-là et quelques civiles parmi les victimes – notamment le couple d’enseignants Monnerot – l’affaire n’a pas un grand retentissement de l’autre côté de la Méditerranée. Pourtant l’histoire retiendra cette date comme le début de la guerre sans nom.
La Toussaint rouge, c’est le moment que choisit le FLN pour entrer en scène. Jusque là inconnu, ce groupe de jeunes déçus par l’inefficacité des partis indépendantistes qui pensent pouvoir faire fléchir le gouvernement français par des voies pacifiques, décident de prendre les armes et d’obtenir leur indépendance par la force.
Dès les années 1920, des mouvements indépendantistes sont formés notamment sous l’impulsion de Messali Hadj. Ces différents mouvements tentent d’obtenir l’indépendance par la voie démocratique, mais le 8 mai 1945 va tout changer.
Ce jour-là on fête la capitulation allemande…
Auteur: B

