Isaline Choury fut enseignante à la faculté de lettres d’Antananarivo (Madagascar) de 1973 à 1981, avant de rejoindre ensuite l’équipe de campagne de François Mitterrand, pour l’élection présidentielle. Elle travaille à la présidence de l’Élysée jusqu’en 1995 avant de rejoindre le ministère des Affaires étrangères. Retraitée en Corse, elle fait des recherches historiques sur la Résistance, dont elle transmet la mémoire au sein de plusieurs associations. Elle se trouve actuellement à bord d’un navire de la Freedom Flotilla Coalition. La veille de son départ, elle a confié à Politis son espoir de briser le blocus illégal imposé par Israël et de créer un corridor humanitaire.
Comment avez-vous vécu l’accusation d’antisémitisme à l’égard des personnes qui dénoncent le génocide en Palestine ?
Isaline Choury : J’ai été scandalisée par ces accusations. La stratégie de communication de Benyamin Netanyahou a très bien fonctionné en Europe auprès de gouvernements qui ont gardé une idéologie colonialiste. C’est pour ça qu’ils ont tant tardé à reconnaître la Palestine. J’ai très mal vécu les accusations d’antisémitisme envers les soutiens à la Palestine car ma tante, la résistante Danielle Casanova, est morte dans le camp de Birkenau.
Sur le même sujet : L’antisémitisme, entre réalité et manipulation
Avec 230 compagnes résistantes, elle a connu le même sort que les Juifs. Quand j’avais 10 ans, ma grand-mère m’a convoquée dans la pièce interdite de la maison, qu’on appelait « le musée de Danielle Casanova ». Elle m’a raconté non seulement ce qu’avait vécu sa fille, mais aussi le génocide, la torture, le courage des résistants, les camps de concentration. Elle m’a montré les lettres de sa…
Auteur: Pauline Migevant

