Le Hamas a chorégraphié très soigneusement son attaque contre des objectifs militaires et civils dans le sud d’Israël, le 7 octobre. Même si leurs actions terroristes dans le passé ont parfois été très « spectaculaires », il y a cette fois un changement important dans la stratégie de propagande de l’organisation.
En effet, les membres de l’organisation ont soigneusement préparé l’opération, comme le montrent les vidéos enregistrées, mais ils ont surtout pris soin de documenter visuellement leurs actions terroristes et de les diffuser sur les réseaux sociaux.
Comment expliquer ce changement dans leur stratégie de propagande ?
Je propose deux hypothèses : premièrement, le Hamas souhaitait maximiser l’impact de son attaque, tant par le nombre de victimes mortelles que par la prise d’otages ; deuxièmement, l’organisation palestinienne cherchait à obtenir un niveau élevé d’exposition publique de ses atrocités afin de nuire psychologiquement aux Israéliens et de gagner les faveurs d’une certaine opinion publique palestinienne, arabe et musulmane.
En ce sens, le Hamas se rapproche du modus operandi de communication de l’État islamique (EI) — Daesh. Il a bien compris le pouvoir des images brutales comme arme dans leur guerre contre Israël.
J’ai étudié depuis un certain temps la question de la propagande des organisations islamistes. J’ai consacré un chapitre sur le sujet dans mon livre sur la « transparence grotesque », donc le dévoilement proactif (proactive disclosure, dans le langage stratégique) des images sanguinaires et dégradantes du corps humain, dans la communication publique. J’ai aussi étudié les stratégies de recrutement des organisations terroristes et analysé l’influence de la révolution iranienne dans la propagande terroriste islamiste, tant chiite que sunnite.
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Isaac Nahon-Serfaty, Associate Professor, L’Université d’Ottawa/University of Ottawa

