Tout continue comme avant. C’est à tout le moins ce que suggère le dernier rapport de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, publié jeudi 25 juin 2026. Les Roms demeurent la figure de l’altérité maximale pour la population française.
L’antitsiganisme : un racisme socialement acceptable
Roms et Sintés forment une minorité d’Europe diverse et fragmentée. Bien que quotidiennes et en tous lieux omniprésentes, des tabòrs d’Ukraine jusqu’aux aires d’accueil françaises, les discriminations envers les Roms et Sintés prennent des formes spécifiques selon les groupes concernés et les régions considérées. L’antitsiganisme, à savoir le racisme visant les Roms et les Sintés, assignés à l’identité « Tsigane », quoique endémique en Europe et intimement lié à son histoire interne, n’est pour ainsi dire jamais thématisé dans la critique sociale, à tel point que le terme même d’antitsiganisme, qualifiant ce « racisme sans nom », ce « racisme oublié », puisse tinter étrangement, « étranger » à l’oreille de la critique de la modernité capitaliste – est-ce parce que le « Tsigane » est la figure repoussoir par excellence, de laquelle tout le monde détourne instinctivement le regard ? Le « Tsigane » resterait, dans la bonne conscience militante, ce « parasite » qui nous ressemble contre notre gré, l’ « asocial », le voleur, le chouraveur, trop proche de nous pour qu’on ne puisse voir en lui et dans sa condition autre chose que l’expression de sa mauvaise volonté, d’une déchéance feinte ou choisie. Tout au plus sont-ils dignes de théorisation en tant que « rebut » de la société : Karl Marx n’accolait-il pas au lumpenproletariat l’étiquette, à ses yeux infamante, de « bohème » ?
Cette année encore, le rapport de la CNCDH révèle que plus de la moitié…
Auteur: dev

