« Tout est délirant, du début à la fin » : quand une fraude géante se retourne contre des éleveurs

Comment un programme aussi simple a-t-il pu dégénérer à ce point ? Au départ, en 2022, tout avait pourtant bien commencé. Les entreprises du secteur de l’énergie, sous le contrôle des services du gouvernement, décidaient d’offrir quelques euros aux entrepreneurs qui souhaitaient remplacer leurs vieux éclairages halogènes par des LED, moins gourmandes en électricité. Un geste simple, à même de dégager des économies d’énergie rapides et massives.

Mais le plan a tourné au fiasco, fin 2025, à cause du manque de contrôle entourant le circuit financier de l’opération — les Certificats d’économies d’énergie (CEE) — et de l’action rapide, alerte et sans scrupule d’une nuée de fraudeurs aguerris. « Tout est délirant, du début à la fin », soupire Christophe Cormerois, patron de Prodeal, une entreprise d’éclairage.

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L’histoire débute comme toutes les fraudes de grande envergure entachant le système des Certificats d’économies d’énergie, apparues ces derniers mois : le programme des certificats dédiés aux « luminaires extérieurs » (nom de code BATEQ-127) est repéré par des fraudeurs parce qu’il offre des bénéfices alléchants et qu’il comporte de nombreuses failles.

Le système des certificats, qui oblige les vendeurs de fioul, d’essence ou de gaz à financer des actions d’économies d’énergie, offre autour de 30 euros pour le remplacement d’un luminaire de 100 watts (W), dans un hangar agricole.

« Une véritable campagne de harcèlement téléphonique »

En rognant sur la qualité du matériel, importé de Chine par conteneurs entiers, les acteurs les moins scrupuleux réussissent à négocier leurs luminaires à environ 10 euros l’unité, selon plusieurs professionnels interrogés par Reporterre. Ce qui offre 20 euros de marge par luminaire, estimation globale à…

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Auteur: Erwan Manac’h