Il avait mis fin à soixante-treize ans de règne de la droite et du centre à Bordeaux. En prenant la mairie en 2020, Pierre Hurmic avait ouvert la voie à une ère verte dans l’histoire de la ville. Dimanche soir, Thomas Cazenave y a mis un terme. Élu d’une courte majorité — 50,9 %, à quelque 2 000 voix près — l’ancien ministre délégué aux Comptes publics n’a pas tardé à donner le ton. Depuis son QG, quelques minutes après les résultats, il saluait « le message clair » des Bordelais : « Ils veulent du changement, une nouvelle ambition. »
Du changement, mais pas sur tous les sujets : sur la question du climat, certains chantiers engagés lors du mandat précédent semblent faire consensus. S’il moquait la « politique de l’arbre » de Pierre Hurmic, le nouveau maire Renaissance entend aller « au-delà de la simple végétalisation pour rénover et adapter la ville », avec notamment un « plan fraîcheur » qui comprend la création de structures d’ombrage, des fontaines et des matériaux clairs antichaleur.
Un possible retour de la voiture en centre-ville
Sur la question de la mobilité, en revanche, le changement n’est pas du goût de tous. « On avait un dialogue privilégié avec l’équipe de Pierre Hurmic. Il y a eu beaucoup d’avancées, notamment sur le cadre de vie et les circulations. On espère que ces acquis vont perdurer », détaille Ludovic Fouché, coprésident de l’association Vélo-Cité, qui promeut le cyclisme à Bordeaux.
Marqueur du mandat Hurmic, le vélo s’est taillé une place de choix à Bordeaux : en six ans, la ville a aménagé 43 km de pistes cyclables et étendu de 87 hectares le secteur piéton. Sur la place du vélo accordée par la nouvelle municipalité, Ludovic Fouché se veut confiant. L’inquiétude porte plutôt sur le retour du tout-voiture, enjeu phare des municipales. Pendant la campagne, Thomas Cazenave a plaidé pour un moratoire sur la…
Auteur: Amandine Sanial

