Âpre, mais aussi incandescente. Telle fut la lutte des sidérurgistes lorrains en 1979. À l’assaut du ciel rouge de Sébastien Bonetti et Théo Georget, publié récemment aux éditions Les Presses du Faubourg, la retrace au travers de l’action de la CFDT Longwy. Entre opérations coup de poing et désir farouche d’autonomie.
Sur la couverture sérigraphiée – fond noir, tracé or – apparaît le plan de Longwy, haut et bas. Le titre, À l’assaut du ciel rouge, complète du rougeoiement des hauts fourneaux la formule de Marx exaltant les communard·es de 1871. Mais il n’y a pas que le ciel qui soit teinté de rouge dans cette Lorraine industrieuse. Le mouvement ouvrier y a alors pris toute sa place, des mairies aux usines. C’est d’une frange radicale de celui-ci dont nous parle le livre de Sébastien Bonetti, journaliste, et Théo Georget, historien, qui nous proposent « une histoire orale de la CFDT Longwy » en 1978-1979. Soit durant la longue mobilisation qui s’opposa au plan de restructuration de la sidérurgie Lorraine sacrifiant des milliers d’emplois.
Décembre 1978, le gouvernement de Raymond Barre annonce que 6500 emplois sidérurgistes vont disparaître dans le bassin de Longwy où vivent et travaillent 70 000 personnes, 20 000 à Longwy même. La foudre frappe ce bout de « Pays haut » où 70% des emplois sont ouvriers, où le temps est façonné par les sirènes des usines de Mont Saint-Martin et Senelle (groupe Usinor), de la Chiers et de Réhon. L’heure est à « l’adaptation » de l’outil productif français. Déjà au printemps, l’industrie textile en avait été la cible : l’empire Boussac s’effondrait dans les Vosges voisines entraînant la destruction de 10 000 emplois, directs et indirects. En Lorraine, la résistance compte…
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