Mahabourini (Mayotte), reportage
Saindou a grandi dans les hauteurs du quartier informel de Mahabourini, à Mayotte. Dans cette partie du village de Kawéni, à Mamoudzou, les cases en tôle installées sur des pentes raides luttent contre la gravité et le risque de glissement de terrain. Sur cette zone naturelle devenue urbaine, les habitants foulent quotidiennement des chemins de terre. « Il y a des cailloux partout, quand on marche, on dérape », décrit le jeune homme. Avec la pluie, ces allées se transforment en pistes glissantes et de nombreuses cases risquent l’inondation.
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En décembre 2024, le cyclone Chido a mis en évidence la fragilité de ce quartier, construit sur 3,5 hectares de foncier communal, face aux aléas naturels. « Toutes les tôles étaient par terre. Je n’ai pas assez d’argent pour reconstruire plus solide », raconte Naduifati, une habitante. Elle désigne sa case de fortune, reconstruite rapidement après la tempête, comme le reste du quartier.
Face à l’ensemble de ces risques, la commune avait commencé des travaux dès 2023, dans le cadre du nouveau programme national de renouvellement urbain concernant l’ensemble du village de Kawéni. Dans ce département où 77 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, les bidonvilles sont régulièrement démolis avant d’être reconstruits ailleurs, faute de solution de relogement. Là, l’opération teste une autre approche en diminuant la vulnérabilité des habitants de Mahabourini. Cela passe par des habitations spécialement conçues pour protéger les habitants des risques cycloniques, ainsi que par l’aménagement et la sécurisation des cheminements nécessitant un investissement de 5,5 millions d’euros auquel participe l’Anru, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine.
Essentielle à Mayotte, l’expérimentation peine à se…
Auteur: Marine Gachet

