Trafic de drogue : le lent poison de l’habitude

La drogue est un poison. Cela, on le sait depuis longtemps. Mais la substance, quelle qu’elle soit, n’est pas seulement une menace pour le cerveau de celui qui la consomme. C’en est aussi une pour nos villes et nos villages. La plongée faite par notre reporter dans un quartier de Compiègne est sur ce point édifiante. Ici, nous sommes loin des meurtres et des règlements de comptes, de ces « narchomicides » qui font la une de l’actualité. Non, dans cette ville de l’Oise, le trafic de drogue est devenu banal, malgré les actions de la municipalité. Ceux qui y vivent ont fini par s’habituer, tant bien que mal, aux silhouettes encapuchonnées stationnées devant leurs portes. « On n’a pas le choix », disent-ils, fatalistes.

Alors que la cocaïne rapporte désormais plus d’argent aux trafiquants que le cannabis, selon une récente étude, cette accoutumance forcée constitue un signal très inquiétant. Car la vigilance face à ce fléau relève, aujourd’hui plus que jamais peut-être, d’un réveil collectif. Les trafiquants doivent être combattus, les consommateurs prendre conscience des crimes auxquels ils participent et les pouvoirs publics ne jamais se lasser.

Vivre ici, « c’est comme mettre une allumette à côté d’un bidon d’essence, cela peut toujours prendre feu », dit la mère d’un écolier du quartier, interrogée par La Croix à Compiègne. Céder au lent poison de l’habitude, c’est consentir à ce que la société entière se consume lentement.

Toutes les semaines,
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Loup Besmond de Senneville
dans sa chronique
“Le Royaume et la Cité”

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