Trancher ou broyer ? Un compromis qui a orienté l’évolution des dents chez les mammifères

Au cours des 66 derniers millions d’années, plusieurs lignées de mammifères ont développé indépendamment des dents carnassières, des molaires spécialisées dans la découpe de la viande. Aujourd’hui, cette caractéristique ne se retrouve que chez les *Carnivora*, qui comprennent notamment les félins (comme ici, un guépard), les chiens et les ours. Olga Ernst/Wikimédia, CC BY


L’ESSENTIEL

  • Les dents sont l’interface primordiale entre un animal et sa nourriture.

  • La molaire « tribosphénique » permet de trancher et de broyer. Comment allier ces deux fonctions opposées ?

  • Une nouvelle étude nous apprend comment ces dents ont évolué pour trouver le bon équilibre selon le régime alimentaire de chaque animal.


Pourriez-vous découper un steak et casser une noix avec un seul et même outil ? Une lame fine pénètre facilement dans une matière souple, mais résiste mal à une forte charge. Un broyeur doit au contraire être large et robuste, mais coupe peu.

Au cours de leur évolution, la grande majorité des mammifères actuels ont pourtant réuni ces deux fonctions en une seule structure : une molaire spécialisée. Mais jusqu’où une même dent peut-elle concilier deux fonctions opposées ?

Pour le découvrir, notre équipe a comparé ces molaires chez des mammifères actuels et fossiles, puis testé la capacité à broyer et à découper de leurs reproductions imprimées en 3D. En combinant des scans de haute précision, l’impression 3D et des essais mécaniques, notre nouvelle étude, récemment publiée dans la revue Science, met en lumière les contraintes qui pèsent sur la dentition des mammifères.

Une dent à double fonction

Les dents constituent une interface primordiale entre un animal et sa nourriture. Leur forme conditionne ainsi en partie la manière dont les aliments peuvent être traités avant d’être avalés ainsi que les forces physiques qu’elles peuvent supporter.

Comme elles se fossilisent très…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Margot Michaud, Enseignante-chercheuse en biologie évolutive et anatomie , UniLaSalle