Transcription de l'entretien accordé par Vladimir Poutine à Pavel Zaroubine du 14 février 2024 — Christophe TRONTIN

PZ. Vladimir Vladimirovitch, l’interview que vous avez accordée à Tucker Carlson dépasse le milliard de vues, et les commentaires sont dans l’ensemble plutôt positifs. Ils contrastent évidemment avec l’appréciation de la plupart des leaders occidentaux. Le chancelier allemand, le premier ministre britannique par exemple, ont qualifié, je cite, d’ « absurde et d’incohérente [votre] tentative d’expliquer et de justifier le début de l’opération militaire spéciale par la menace qu’aurait fait peser l’Otan sur la Russie. » Que pensez-vous de ces interprétations ?

Vladimir Vladimirovitch Poutine. Premièrement, il est bon qu’ils regardent et écoutent ce que je dis. Dans la mesure où nous ne parvenons pas aujourd’hui, pour diverses raisons relevant de leur responsabilité, à conduire un dialogue direct, nous devons être reconnaissants à M. Carlson de ce que nous pouvons le faire par son truchement, en qualité d’intermédiaire. Ils écoutent, ils regardent : c’est bien. Mais le fait qu’ils pervertissent ce que je dis, qu’ils déforment mes propos, c’est moins bien. Pourquoi ? Le fait est que je n’ai rien dit de tel. Je n’ai jamais dit que le début de notre opération militaire spéciale en Ukraine était liée à la menace d’une attaque de l’Otan contre la Russie. A quel moment aurais-je affirmé cela dans mon interview ? Il existe des enregistrements, qu’ils me montrent le moment précis où j’aurais prétendu une chose pareille.

Ce que j’ai dit est tout différent : j’ai dit que l’on n’a cessé de nous tromper sur le non-élargissement de l’Otan vers l’Est. C’est d’ailleurs de la bouche du Secrétaire général de l’Otan d’alors qu’on l’avait entendu en premier, puis de celle de l’ancien chancelier de la République fédérale d’Allemagne. Ce dernier avait affirmé « pas un pouce vers l’Est ». Cinq élargissements plus tard, ayant été floués, c’est bien…

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Auteur: Christophe TRONTIN