Onesse-Laharie (Landes), reportage
À l’approche des rives de la lagune d’Onesse-Laharie, le visage de Valérie Guéguen, cheffe de projet lagune pour le département des Landes, s’illumine. La naturaliste couve d’un regard enthousiaste cet affleurement de la nappe phréatique qui émerge au milieu de la forêt de pins. Cette lagune a d’autant plus d’importance pour elle que c’est la toute première à avoir rejoint le programme de préservation et restauration lancé par le département en 2011. Auparavant, le site était utilisé comme décharge par des entreprises locales, qui venaient y déposer les rejets de leurs chantiers. Désormais restaurée, « cette lagune n’a plus besoin de nous », dit Valérie Guéguen.
Assaillies de toutes parts et en mauvais état, les lagunes ont longtemps été délaissées. Depuis plusieurs années, elles bénéficient d’une volonté de plusieurs acteurs de les sortir de l’oubli pour les restaurer et les préserver. Au département des Landes qui a lancé un programme en 2011, s’ajoutent d’autres organismes à différentes échelles : les agences de l’eau, les autres départements (Gironde et Lot-et-Garonne), des syndicats de rivière… Et c’est le Conservatoire botanique national (CBN) qui a hérité de la mission de les coordonner entre eux sous le nom de projet Écolag lancé en 2024.
Dans la forêt des Landes, plus de 6 000 de ces petites zones humides ont été recensées par le CBN. Créées lors de la dernière glaciation au moment où se fixait le sable typique du massif landais, les lagunes sont de petites dépressions où la nappe phréatique montre son échine dorsale. Ces zones humides abritent une faune et flore très spécifique, certaines espèces ne se retrouvent quasiment qu’ici.
C’est le cas du faux-cresson de Thore, une espèce patrimoniale dont la France concentre l’immense majorité de la population mondiale et que l’on ne retrouve dans notre pays…
Auteur: Chloé Rébillard, Isabelle Miquelestorena

