Si le principe de la méthanisation séduit sur le papier, il ne reste pas sans dangers. Entre accaparement des terres, pollution des sols et des eaux, incidents explosifs et promotion de l’agro-industrie, le portrait sans langue de bois de cette technique de production de biogaz semble bien éloigné de celui que dressent aujourd’hui les pouvoirs publics. Analyse d’une controverse où se mêlent transition énergétique, souveraineté alimentaire et luttes locales.
À première vue, qui ne se réjouirait pas d’une technique qui permet, en plus de produire de l’énergie renouvelable et circulaire, de réduire l’empreinte carbone des élevages et cultures en valorisant le lisier et en produisant un substrat organique extrêmement riche ? La méthanisation, qui promet ainsi de s’inscrire autant comme un acteur central de la transition énergétique que du développement d’une agriculture durable, semble pallier (presque) tous les maux des sociétés occidentales du XXIe siècle.
Une expansion à grande échelle
Et pour cause, l’Europe se montre particulièrement séduite par le processus, puisqu’elle compte, d’après les statistiques 2019 de l’Europe Biogas Association (EBA), plus de 18 200 installations de méthanisation sur son territoire, représentant une puissance électrique d’environ 11 000 MW et une production de 63 000 GWh de biogaz. Elle se place ainsi en leader sur le marché mondial, loin devant les états-Unis et la Chine. En nombre absolu d’installations, l’Allemagne, qui comptait environ 11 000 installations en 2019, arrive largement en tête, suivie de loin par l’Italie (plus de 1600 unités), de la France (837 unités), du Royaume-Uni (715 unités) et de la Suisse (634 unités).

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Auteur: Victoria Berni

