Kevin Tessier, 39 ans, sympathisant du Rassemblement National et terroriste d’extrême droite, a organisé méthodiquement un massacre de masse à Trappes. Il s’était procuré un fusil d’assaut et avait planifié des fusillades en plusieurs points, sélectionnant les personnes à tuer : noires et arabes, y compris des enfants. Le 23 octobre, il aurait pu assassiner des centaines de personnes, mais une tempête avait «dissuadé les habitant·es de sortir dans les rues» et son arme s’est enrayée selon les éléments de l’enquête. Autrement dit, le bilan déjà dramatique aurait pu être bien plus lourd.
Pour causer plus de dégâts, Kévin Tessier avait piégé son appartement avec des bonbonnes de gaz, qui n’ont heureusement pas explosé. Les enquêteurs y ont retrouvé un brassard «Police», des autocollants de soutien aux forces de l’ordre et au RN, et un exemplaire de Mein Kampf. Il avait dans sa voiture des menottes, un chargeur, des poings américains, une baïonnette en acier et un silencieux.
C’est donc un fasciste lourdement armé, mûrement préparé, entraîné au combat et équipé de matériel policier qui est passé à l’acte. Pourtant, il n’avait jamais été inquiété le moins du monde. Il avait obtenu un permis de détenir une arme et s’entraînait dans un stand de tir. Il est quasiment impossible que les renseignements soient passés à côté d’un tel profil, alors qu’ils contrôlent et surveillent ces clubs, en particulier s’ils sont fréquentés par des individus considérés comme radicalisés.
Kévin Tessier s’entraînait depuis une dizaine d’années : il achetait un fusil à pompe dès 2015, alors qu’il manifestait déjà des idées fascistes. Médiapart diffuse une vidéo où le terroriste s’entraîne à tirer sur des cibles. Il «se rendait régulièrement sur un terrain vague situé sur la commune de Saint-Cyr-l’École, à quelques kilomètres de son domicile de l’époque…
Auteur: B
