Lundi 7 septembre, la justice a prononcé la relaxe de Maël de Calan, président (divers droite) du conseil départemental du Finistère, et de Romain Chantelot, ancien directeur du service emploi de la collectivité, accusés de « harcèlement moral institutionnel ».
Le 15 juin dernier, les deux hommes avaient comparu devant le tribunal judiciaire de Brest dans le cadre d’une citation directe. Six allocataires du revenu de solidarité active (RSA) et la CGT (rejoints par la Confédération paysanne) avaient saisi la justice, reprochant à l’élu son « plan d’action RSA », engagé depuis 2022 et assimilé à une « traque aux précaires ».
En quatre ans, ledit plan avait permis au Finistère d’enregistrer une baisse impressionnante du nombre d’allocataires de ce minima social : – 25 %, quand la moyenne nationale s’établit à environ – 3 %. Alors que le département s’est évertué à présenter cette baisse comme le résultat de retours à l’emploi, les témoignages d’allocataires (plusieurs dizaines recueillis par la CGT) laissaient entrevoir une autre réalité, comme le racontait Basta! en mars dernier : celle d’« une politique systématique [qui] n’est pas l’expression d’un simple contrôle de la compatibilité de la situation de l’allocataire avec son droit à bénéficier du RSA [mais] caractérise une volonté claire de harceler les allocataires afin que ces derniers finissent par renoncer au bénéfice du RSA, permettant ainsi au département du Finistère de faire artificiellement baisser les chiffres », pouvait-on lire dans la citation adressée à Maël de Calan et Romain Chantelot, qui soulevait aussi l’impact délétère de cette politique sur l’équilibre psychologique des allocataires visées.
Auteur: Tiphaine Guéret
