Trash Vortex / Mathieu Larnaudie / Actes Sud / 448 pages / 23 euros.
Trash Vortex, en référence au « septième continent » de plastique, nous emporte tel un gyre océanique parmi les puissants, politiques et économiques, confrontés à un futur jugé hypothétique. La vieille Madame Eugénie Valier, à la tête d’une multinationale dont elle a hérité, observe sa propre disparition se profiler et ne cesse de ruminer avec obsession celle, imminente, de l’humanité. En réponse à cette crainte, et certainement aussi pour régler ses comptes avec son défunt père, la femme d’affaires décide de liquider la quasi-intégralité des branches de l’entreprise et d’en reverser les fonds à une fondation.
La mission de celle-ci ? Nettoyer le septième continent de plastique situé dans le Pacifique Nord. Mais derrière cette noble cause, les divers personnages qui gravitent autour du projet apparaissent avant tout animés par d’autres motivations, qu’elles soient politiques, égotiques, financières ou carriéristes.
Les références à l’actualité et à la culture populaire, évidentes mais jamais nommément désignées, comme l’affaire Benalla ou l’accident du sous-marin disparu près de l’épave du Titanic, ponctuent le récit. Ces clins d’œil au lecteur ancrent pleinement l’histoire dans les peurs contemporaines pour en dresser une satire qui n’épargne personne. L’intrigue autour du démantèlement du groupe médiatico-industriel se révèle alors être avant tout un prétexte à une narration qui n’a rien de linéaire, sautant d’une intériorité à une autre pour dérouler une vision impressionniste de la problématique de l’héritage, familial et civilisationnel.
Accepter de flotter
Ni drame bruyant ni coup de théâtre. Simplement…
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Auteur: Lola Dubois-Carmes

