Travail du sexe, entre féminisme prohibitionniste et conservatisme sénile

Dans la continuité d’un premier article intitulé Travail du sexe, entre prohibition et féminisme libéral, des travailleuses du sexe nous ont transmis cette « suite » qui propose d’examiner la rhétorique et la logique à l’oeuvre dans deux projets de loi récemment présentée au Sénat par Marie Mercier (LR) et Laurence Rossignol (PS). Comme souvent lorsque des politiciens appréhendent le travail du sexe, la volonté de protéger voire de « sauver », dissimule mal les affects les plus conservateurs et la précarisation la plus violente.

Après un premier texte déjà paru sur lundimatin sur le féminisme et la prohibition du travail sexuel virtuel au nom de la protection des mineurs avec pour effet de justifier le déploiement de la reconnaissance faciale en ligne, la suite des événements nous a plutôt donné raison. Macron l’a clairement affirmé dans son interview sur Brut : « on va faire comme pour le porno » pour justifier la mise en place d’une vérification d’âge via France connect. La protection des mineurs sur internet, vis-à-vis du porno ou des réseaux sociaux, est sans cesse invoquée par le gouvernement pour déployer la reconnaissance faciale dont on peut fortement douter du caractère « anonyme » à terme étant donné le pillage systématique des données de toutes les administrations de l’Etat ces derniers mois. S’il y a bien une chose de certaine, c’est que nos dirigeants ne manquent jamais d’imagination pour justifier l’expansion de nouvelles technologies de contrôle et d’identification.
Maintenant, nous sommes obligées de réagir à une énième tentative de criminalisation de notre activité à travers deux propositions de lois visant à assimiler juridiquement pornographie et prostitution pour mieux interdire la première.

Pour commencer, comme lors du premier texte, nous continuerons d’utiliser le syntagme de « travailleur-ses du sexe » (TDS) parce qu’il a le mérite de…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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