Travail du sexe, entre prohibition et féminisme libéral

Depuis quelques semaines, le milieu des créateurs et créatrices de contenus pour adultes connait quelques remous. Après l’application au sein de l’Union Européenne du Digital Services Act (DSA) puis celle de la loi SREN (loi pour sécuriser et réguler l’espace numérique) en France, plusieurs sites pornographiques et réseaux sociaux se sont vus mis en demeure par l’ARCOM et menacés de blocages et de sanctions financières. Ces nouvelles lois imposent des obligations aux plateformes quant aux protocoles de vérification de l’âge des consommateurs. Certains sites ne sont d’ores et déjà plus accessibles en France ou sont en passe de le devenir. X(ex-Twitter) a rendu inaccessible les contenus pornographiques pour les français et il semble que ce soit le cas aussi dans d’autres pays qui appliquent le DSA avec plus ou moins de zèle (la France en tête de peloton). Dans cet article, des travailleurs du sexe proposent d’examiner politiquement ce que charrient ces mesures, cette censure et les discours qui les accompagnent, qu’ils soient réactionnaires ou libéraux.

Les conséquences pour certain-es créateurs et créatrices de contenu sont une perte de visibilité et de trafic immédiate donc une perte de revenus. De fait, ce type de politique est voué à se généraliser. Elle fait aussi suite, en France, aux décisions arbitraires de la ministre de l’Égalité Aurore Bergé, qui a orchestré médiatiquement une sorte de purge sur Tiktok, en faisant suspendre un certain nombre de comptes. Si certains d’entre eux étaient effectivement des outils de propagande au service de pensées masculinistes particulièrement violentes, il est nécessaire de s’interroger sur le fait qu’un.e ministre s’arroge un droit de censure discrétionnaire qui va bien au-delà de la censure invisible et indirecte des algorithmes des plateformes. Qu’en dirons-nous lorsque ces lettres de cachet d’un nouveau genre, censurerons au-delà de la…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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