« J’ai un enfant en bas âge, je touche 900 euros de chômage. Depuis l’incarcération de mon conjoint, je lui versais 300 euros par mois pour l’aider à cantiner. » Élodie* est mariée à Antoine*, condamné et détenu en Bretagne depuis 18 mois. « Cantiner », en prison, c’est s’acheter des produits comme du café, des cigarettes ou des articles d’hygiène. Pour louer un réfrigérateur ou un téléviseur quand on est détenu, il faut aussi de l’argent. Ce sont souvent les familles qui paient.
Pour Élodie, aider financièrement son conjoint devenait difficile. « Heureusement, il a trouvé une place au service général, où il devrait gagner 280 euros net par mois. » Antoine fait partie du tiers des personnes détenues en France qui ont accès à une activité rémunérée pendant leur peine.
L’Observatoire international des prisons (OIP) rappelle dans son Guide du prisonnier qu’en théorie, le travail en prison relève d’un droit. « Au sein des établissements pénitentiaires, toutes dispositions sont prises pour assurer une activité professionnelle aux personnes détenues qui en font la demande », prévoit le code pénitentiaire. Ce dernier précise même que « les dispositions nécessaires doivent être prises pour qu’un travail productif et suffisant pour occuper la durée normale d’une journée de travail soit fourni aux personnes détenues ».
Attirer les entreprises privées
Dans la réalité, c’est loin d’être le cas. « Mon conjoint a formulé une demande pour obtenir un travail dès son entrée en détention en mars 2025, on est en août et il n’a aucune réponse », nous disait le mois dernier Vanessa*, dont le conjoint est incarcéré en maison d’arrêt en Bretagne.
Au centre pénitentiaire de Longuenesse, dans le Pas-de-Calais, l’établissement n’offre par exemple du travail qu’à moins d’un quart des 793 détenus. La liste d’attente pour accéder à une activité professionnelle…
Auteur: Louis Bontemps

