Un coup tactique assumé. Ce vendredi, à l’Assemblée nationale, les députés du groupe macroniste Ensemble pour la République (EPR) présentaient dans leur niche parlementaire un texte d’origine sénatoriale visant à « protéger juridiquement » le travail de certains salariés le 1er mai, en particulier chez les boulangers et les fleuristes. Avec une contrainte : faire adopter la proposition d’ici 17 h 30, limite horaire non négociable des discussions.
Mais plutôt que de se lancer dans une course contre-la-montre rendue délicate par les quelque 200 amendements déposés par la gauche, les députés de la majorité présidentielle ont demandé le rejet préalable de leur texte. Motion de rejet adoptée par 120 voix (contre 105), grâce aux voix des macronistes, de la droite et du Rassemblement national. Une manière d’empêcher « l’obstruction parlementaire » de la gauche et d’envoyer directement le texte en commission mixte paritaire.
« Un détournement de procédure »
L’« obstruction rendait impossible l’examen de ce texte dans un délai raisonnable », s’est justifiée à la tribune la députée Nicole Dubré-Chirat (Renaissance) « On doit faire face à une obstruction comme d’habitude de La France insoumise, qui installe le chaos dans cet hémicycle à chaque texte », a abondé Laurent Wauquiez (droite républicaine) dans la foulée du rejet.
Prévue par le règlement de l’Assemblée nationale, la motion de rejet préalable…
Auteur: Christian Mouly

