« Les réformes sont possibles : dans le respect, et avec une méthode ». Aux mots écrits sur X lundi soir par le premier ministre Sébastien Lecornu, au sujet du texte autorisant le travail le 1er mai pour certaines professions, on aurait envie d’ajouter, « mais pas sans majorité, ni à un an de la présidentielle ». Car face à la polémique, la menace d’une motion de censure et la pression des syndicats, Matignon a choisi : la proposition de loi d’origine sénatoriale, qui vise à permettre aux boulangers, fleuristes, mais aussi commerces de bouche ou cinémas d’ouvrir le 1er mai, jour chômé, est pour l’heure enterrée, sans officiellement le dire. Mais c’est tout comme.
Coup tactique
Déjà lundi, alors que Matignon assurait que la commission mixte paritaire ne serait pas convoquée « à ce stade », ça sentait déjà le roussi pour ce texte de la sénatrice centriste Annick Billon et signé par les poids lourds du socle commun au Sénat : Hervé Marseille (président du groupe Union centriste), Mathieu Darnaud (président du groupe LR), François Patriat (RDPI) et Claude Malhuret (Les Indépendants).
S’il avait été adopté sans créer réellement de remous, en juillet dernier au Sénat, son examen la semaine dernière à l’Assemblée a transformé le texte en nitroglycérine. Pour contourner l’obstruction de la gauche, notamment insoumise, les promoteurs du texte ont détourné l’une des armes de la procédure parlementaire :…
Auteur: François Vignal

