Apprise par la bande, la nouvelle a jeté un certain effroi. Sur les 40 millions d’euros d’économie pour le budget 2025, le conseil départemental de l’Essonne souhaite retirer 20 millions d’euros aux portefeuilles des services de santé et du social. Pour la prévention spécialisée, dans laquelle travaille l’éducateur syndiqué à la CGT Thibaud Nachin, cela représente près de 2,6 millions d’euros. Rien n’avait été annoncé avant le vote du budget, début février. Personne n’était au courant. « Un mépris total. »
Alors quand l’info lui parvient, il fait rapidement le compte : pour son secteur, cette baisse représente 40 % des moyens. « Il y a beaucoup de colère contre ce système qui fonctionne à l’envers », soupire-t-il. Ces coupes budgétaires, les travailleurs et travailleuses du social y sont confronté·es partout en France. Dans les Hautes-Alpes, les Alpes-de-Haute-Provence, dans l’Ain, les Bouches-du-Rhône, la Vienne, en Loire-Atlantique, en Gironde… Tout le secteur est touché, soit près de 1,4 million de personnes, dans les Ehpad, les crèches, les lieux de protection, la prévention, etc.
Le secteur craque sur le terrain. Et ce, depuis longtemps.
J.S. Alix
Autant de professions différentes mais cruciales dans l’accompagnement, le suivi et la protection de publics vulnérables et en difficulté. Des publics qui continuent de s’élargir ces dernières années, avec l’inflation, l’augmentation des prix et la crise sanitaire, commencée il y a cinq ans tout pile. « Le secteur craque sur le terrain. Et ce, depuis longtemps. La crise sanitaire n’a fait que révéler les problèmes existants : les difficultés de recrutement, le sentiment de ne pas être soutenu », analyse Jean-Sébastien Alix, docteur en sociologie et directeur du département « Travail social » à l’IUT de Lille. Alors que les demandes…
Auteur: Hugo Boursier

