Dans Travail, climat, même combat ! nous avions souligné l’importance des alliances entre l’écologie et le travail pour répondre efficacement à l’urgence climatique.
Parmi les propositions avancées pour concrétiser ces alliances, nous formulions celle d’un droit du travail élargi, prenant en compte les risques climatiques comme la pollution de l’air et les fortes chaleurs telles que nous les connaissons aujourd’hui en ces temps de canicule.
Nous reproduisons ici un extrait de cet ouvrage.
Entre le 5 et le 8 septembre 2023, six ouvriers agricoles décèdent de crises cardiaques dans les vignobles de Champagne et du Rhône alors que la France connaît une nouvelle période de canicule. Aucune mesure de prévention n’a été prise par les employeurs, alors même que le code du travail indique qu’ils doivent prendre « les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ». Au-delà de ces cas tragiques, malheureusement récurrents dans l’agriculture ou le BTP, c’est l’insuffisance de la réglementation en cas de fortes chaleurs qui met en danger les travailleureuses.
Or, les canicules vont se multiplier. À l’échelle planétaire, plus de 2,4 milliards de travailleureuses sur 3,4 milliards sont susceptibles d’être exposées à une chaleur excessive selon l’OIT. Selon Météo France, à l’horizon 2050, la France connaîtra des températures moyennes supérieures de 2,7°C à la période pré industrielle. Ces fortes chaleurs, principal risque climatique en Europe selon le GIEC, augmentent la mortalité et les cas de stress thermique.
Selon l’INRS, « au-delà de 30°C pour une activité́ sédentaire, et 28°C pour un travail nécessitant une activité́ physique, la chaleur peut constituer un risque pour les salariés. » La combinaison de fortes températures et de…
Auteur: Attac France

