Alors que le chef de l’opposition continue d’appeler au rassemblement devant le bâtiment de la mairie d’Istanbul depuis l’arrestation d’Ekrem Imamoğlu, le 19 mars, les autorités ont annoncé mardi 25 mars que plus de 1 400 manifestants ont été arrêtés en Turquie depuis le début de la contestation. La justice a notamment ordonné l’arrestation de sept journalistes et le gouvernement a annoncé mardi matin les arrestations de 43 « provocateurs ». Publié par RFI le 25/03/2025 –
Des vidéos de policiers donnant de violents coups de pieds à une personne à terre ont fait le tour des réseaux sociaux et laissent craindre un durcissement de la répression. La capuche sur la tête, le visage d’Engin, 17 ans, est dissimulé par un bandana. Il étudie dans un lycée hôtelier d’Istanbul et souhaite devenir chef cuisinier sur des bateaux de croisière, rapporte notre envoyée spéciale à Istanbul, Céline Pierre-Magnani.
Les interventions musclées des forces de l’ordre, la veille, ne l’ont pas dissuadé de revenir, et il participe aux manifestations pour le troisième jour : « Nous sommes dirigés par un dictateur, et il ne veut toujours pas s’en aller. C’est contre ça que nous protestons, et ils essaient même de nous confisquer le droit de manifester. C’est un droit universel, un droit humain. C’est pour ça que les gens sortent dans la rue, et qu’ils se révoltent. Hier, ils nous ont dit que la manifestation était illégale. Ils m’ont tabassé avec une matraque. Ils m’ont donné des coups de pieds et ils m’ont frappé avec le sourire aux lèvres. Ils m’ont gazé avec des lacrymogènes, ils ont utilisé des balles en plastique et ils ont pris plaisir à faire tout cela. »
Les insultes proférées contre Recep Tayyip Erdogan et la dégradation de bâtiments historiques, hier lundi, risquent d’entacher la mobilisation. Le chef de l’opposition, Özgür Özel, a appelé une nouvelle fois au rassemblement…
Auteur: Claude Morizur

