« En quoi les boulangers et les fleuristes seraient-ils absolument contraints de faire travailler leurs salariés le 1er mai ? Ne ferment-ils donc jamais leurs portes ? » s’étonnait le député communiste Yannick Monnet pendant une réunion de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, le mardi 13 janvier. Ce jour-là, la proposition de loi« visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai » était examinée en commission avant d’arriver en séance publique jeudi 22 janvier, dans le cadre de la niche parlementaire des députés Les Républicains.
À l’origine de cette proposition : la relaxe, le 25 avril 2025, de cinq boulangers vendéens verbalisés par l’inspection du travail en 2024 pour avoir fait travailler leurs salariés le 1er mai. Les artisans-boulangers peuvent ouvrir leur boutique le 1er mai, mais le Code du travail ne les autorise pas à faire travailler leurs employés ce jour-là.
Le sénateur et la sénatrice centristes Hervé Marseille et Annick Billon ont considéré urgent de lever cette contrainte. Et déposé une proposition de loi en ce sens dès le 25 avril dernier. Et ce, avec le soutien du gouvernement, symboliquement incarné par la ministre du Travail, Catherine Vautrin, filmée en train de travailler bénévolement dans une boulangerie le 1er mai.
Ce 22 janvier, les députés examinent donc le texte tel qu’adopté par le Sénat le 3 juillet. Les amendements défendus par les groupes de gauche à l’Assemblée nationale ont tous été balayés en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, par une coalition allant du bloc central à l’extrême droite. Comme le gouvernement avait déjà apporté son soutien à l’initiative parlementaire en faisant le choix d’une procédure accélérée – qui permet un seul examen du texte par chambre – le texte pourrait s’appliquer dès le 1er mai 2026 s’il était…
Auteur: Stéphane Ortega

