Travailleurs des déchets, ces sans-papiers ont fait plier Suez et Veolia

Travailleur sans-papiers, Sahel a trimé pendant deux ans dans les centres de tri des déchets ménagers franciliens sans contrat de travail ni équipement de protection adapté. Exploité par la société NTI — un sous-traitant de Veolia, Suez, Paprec et Urbaser —, il a laissé sa santé sur les chaînes de tri. Le 12 novembre, le tribunal des prud’hommes de Paris doit examiner la demande de reconnaissance du préjudice que lui et dix autres collègues ont déposée contre NTI et ses donneurs d’ordre.

« Dans la même journée, je commençais le matin à 6 heures à Gennevilliers [dans les Hauts-de-Seine], puis j’enchaînais de 17 heures jusqu’à minuit à Meaux [en Seine-et-Marne, à 60 km de Gennevilliers], explique Sahel. Ils m’appelaient à minuit pour me dire où je devais travailler le lendemain matin. Si je disais que je pouvais pas, la direction menaçait de me virer. Ils nous tenaient à la gorge : on a perdu notre dignité à travailler comme des esclaves. »

Rackettés, violentés

Électricien de formation, le trentenaire ne trouvait pas de travail au Maroc, son pays d’origine. Il raconte à Reporterre que par connaissances interposées, NTI l’a approché pour lui proposer de venir travailler dans les centres de tri en France. L’enfer a commencé.

Comme une soixantaine d’autres travailleurs sans-papiers exploités par NTI, il a systématiquement été affecté aux tâches les plus difficiles. Protégé des inhalations de poussière de déchets par un fragile masque FFP2, il a été envoyé au fond des fours d’incinération des déchets pour nettoyer les restes de combustion.

« Certains d’entre nous qui protestaient ont été tabassés »

Pour la plupart venus du Maroc, ces travailleurs et travailleuses du déchet ont aussi subi des humiliations managériales quotidiennes pouvant aller jusqu’au racket et à la violence physique. « Certains d’entre nous qui protestaient ont été tabassés,…

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Auteur: Benoît Collet

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