Le 20 mars 2024, le préfet du Pas-de-Calais tweete : “Chaque jour et dans des conditions difficiles, les policiers et gendarmes sauvent des vies en luttant contre les traversées maritimes. Les services de l’État sont et resteront entièrement mobilisés contre les réseaux criminels de passeurs. Nous ne lâcherons rien.”
Les propos sont accompagnés du hashtag soutien aux forces de sécurité intérieure et d’une photo montrant une policière recouvrant d’une couverture de survie un jeune enfant, exilé, sauvé des eaux et de la tyrannie des passeurs. Dans les faits, c’est une autre histoire.
Quelques jours plus tard, une enquête journalistique européenne menée conjointement par les journaux Le Monde, The Observer et Der Spiegel vient torpiller la propagande du préfet. Le 9 octobre 2023, un migrant à bord d’une embarcation avait filmé avec son téléphone le début de sa traversée de la Manche.
La scène se déroule dans le port de Dunkerque. On y voit un bateau semi-rigide de la police nationale faire des embardées et tourner autour de l’embarcation de fortune qui transporte des exilé-es en mer pour rejoindre l’Angleterre. L’objectif de l’intervention policière est de déstabiliser l’embarcation où se trouve une trentaine de personnes et de terrifier ses passagers. Sur les images, on constate que les vagues successives créées par le navire de la police nationale remplissent d’eau le bateau de migrants qui va couler dans la foulée. Ce sont des pratiques criminelles censées être interdites.
Officiellement, la police a l’interdiction formelle d’intervenir lorsque les «small boats» sont déjà en mer. Le «push-back» est une technique agressive qui met directement en danger la vie des personnes. En Méditerranée et en mer Égée, les gardes-côtes Libyens et Grecs les utilisent contre les embarcations de migrant-es. Cette pratique dangereuse est responsable de la mort de plusieurs centaines de personnes qui…
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Auteur: B

