Depuis le début de ces « Carnets de guerre », nous avons entamé une analyse au long cours des faits historiques, économiques, politiques, idéologiques etc qui on trait à cet évènement déterminant de l’histoire de l’Europe et du monde qui est en cours. Cela nous semble absolument indispensable avant de s’autoriser un quelconque « point de vue », hormis celui du soutien inconditionnel à la résistance, à l’autonomie et à l’émancipation de toute population, surtout lorsqu’elle est agressée par une puissance armée. C’est dire que nous nous tenons loin de toutes les analyses politiciennes, « géostratégiques » ou « théorico-abstraites » qui enjambent les réalités humaines au profit de discours sur les conflits entre gouvernements, entre états-majors militaires, entre idéologues de tous les bords, ou qui prennent un appui bien fragile sur les déclarations des uns et des autres.
Dans les six Carnets de guerre précédents, nous avions abordé le rôle des occidentaux et de l’Otan depuis 1990, puis celui du capital allemand dans « l’anschluss de la RDA », un évènement au moins autant fondateur du nouvel ordre politico-militaire en Europe que la disparition de l’Urss, en tant qu’il fut le point d’orgue d’une contre-révolution internationale des néolibéraux débutée en 1973.
Nous avions rappelé les dix engagements russes à respecter les frontières internationalement reconnues depuis 1990, fait un rapide tableau des huit guerres précédemment menées par Poutine et attiré l’attention sur les multiples dangers de « dérapages nucléaires » de la guerre en cours.
Cet opus tente de brosser à grands traits et sous forme de courtes thèses, une histoire de la fédération de Russie entre 1991 et 2002 afin, d’une part, d’esquisser une anthropologie politique des populations qui ont connu un parcours peu commun durant des décennies ; d’autre part d’étudier l’ascension et la construction du nouveau pouvoir. Toutes choses qui pourraient nous permettre de mieux comprendre quelques uns des déterminants politiques majeurs de la situation actuelle, en essayant d’en tirer quelques réflexions, mais sans pour autant oublier que la vie de milliers de civils ukrainiens est détruite jour après jour, nuit après nuit. En temps de déshumanisation algorithmique et généralisée nous ne le dirons jamais assez : toute analyse ou tentative théorique qui « oublierait » le point de vue humain (et du vivant dans son ensemble) se disqualifierait d’elle-même.
Prémisses…
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Auteur: dev

