33h de garde-à-vue
Le 14 mai 2026, huit opposants à la déviation de Saint Peray (Ardèche) ont mis une banderole « On ne fait pas l’pont » sur le pont Mistral reliant Valence à Guilherand-Granges.
Vieux de quarante ans, ce projet routier est porté par la communauté de communes de Rhône Crussol (CCRC), présidée par Frédéric Gerland, le maire de Saint-Péray. Il prévoit d’artificialiser 50 hectares de terres agricoles. Coût estimé : 23,6 millions d’euros, assumé par la CCRC avec la région Auvergne-Rhône-Alpes et le département de l’Ardèche.
L’action devait servir de diversion pour une deuxième visant à ralentir la pose d’un pont-rail. La banderole faisait référence à l’installation de cet ouvrage d’art qui devait commencer ce jour là.
Après l’intervention de la CNAMO, une unité de gendarmerie ayant pour mission de faire cesser les entravements et les accrochages complexes de manifestants, 6 des 8 personnes sur le pont se font arrêter, de « façon très floue » commente Camille*.
Ils ne savent alors pas si c’était pour une vérification d’identité ou une garde à vue (GAV). Lors de la première audition, Camille apprend qu’iel est en garde à vue pour « entrave à la circulation » et « mise en danger de la vie d’autrui » L’avocat des prévenus, Me Fourrey, les avertit donc que leur détention sera longue. Elle durera 33 heures dans des locaux en très mauvais état, par ailleurs visés par une enquête sur les conditions de GAV suite à la visite d’un juge.
Les militants n’ayant pas voulu déclarer leur véritable identité, l’audition a été filmée – « cela n’arrive jamais » précise Me Fourrey – et un logiciel de reconnaissance faciale utilisé pour les identifier à l’aide du fichier TAJ (Traitement des Antécédents Judiciaires.)
Répression croissante
Une fois la GAV finie, les militants se retrouvent devant le procureur qui demande leur mise en détention. La juge…
Auteur: Alain Pitton
