Nantes (Loire-Atlantique), reportage
Des clous plantés dans des arbres, pour essayer de les protéger face aux machines. Devant une urgence de plus en plus manifeste, plusieurs dizaines de personnes ont mené une action contre le projet de centre de rétention administrative (CRA) le week-end des 5 et 6 septembre dans le bois du Champ-de-Manœuvre, à l’une des extrémités de Nantes. En réponse : des personnes menottées, des gardes à vue et des poursuites pour six d’entre elles. Et un arrachage finalement mené à bout dès le lendemain.
L’État prévoit depuis 2022 d’implanter ce centre où doivent être retenus des étrangers en situation irrégulière sur une parcelle de 5 hectares qui jouxte la maison d’arrêt de Nantes. Un espace où se déploient un bois et une zone humide alimentant plusieurs ruisseaux. Il héberge aussi de nombreux animaux, dont près de 30 espèces protégées (salamandre tachetée, mésange à longue queue, pic épeiche…)
Lire aussi : Ils protègent une zone humide et refusent l’enfermement des exilés
Depuis des mois, des citoyens locaux, des élus, des syndicalistes, se démènent pour que ce projet ne voie pas le jour. Alice, membre de l’association de riverains Aralb Beaujoire, estime nécessaire de se battre jusqu’au bout contre ce qu’elle voit comme un « concentré de tous les maux de la planète », avec ses « destructions massives » et son souhait « d’enfermer dans des conditions désastreuses des gens juste parce qu’ils n’ont pas de papiers ».
Jusqu’ici, le désaccord des opposants s’était exprimé dans le cadre d’actions légalistes : manifestations, recours, avis et témoignages versés à l’enquête publique. Mais la validation coup sur coup par la préfecture du permis de construire le 18 août (dont l’annonce publique a été retardée au 25 août), puis de l’autorisation environnementale le 1er septembre, les a convaincus de s’opposer avec…
Auteur: Mathilde Doiezie
