« Canal+ comparaîtra devant la justice » : la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et la CGT Spectacle ont annoncé, samedi 23 mai, avoir engagé une action en justice pour discrimination après les propos du dirigeant de Canal+ indiquant ne plus vouloir travailler avec les signataires d’une tribune anti-Bolloré.
Maxime Saada, président du directoire de la chaîne, a fait le « choix brutal de discriminer », accusent l’ONG et la fédération syndicale dans un communiqué. Les propos du patron de Canal+ secouent depuis une semaine le monde du cinéma, réuni pour le festival de Cannes qui s’achève samedi soir.
Dimanche 17 mai, le dirigeant de Canal+ avait affirmé ne plus vouloir travailler avec les signataires d’un texte qui dénonce « l’emprise de l’extrême droite » sur le cinéma à travers l’homme d’affaires Vincent Bolloré, actionnaire de référence de Canal+. « Je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste », avait lâché un Maxime Saada en plein festival.
« Il est grand temps que les mondes de la culture et du savoir se coalisent et se révoltent contre l’œuvre réactionnaire du groupe Bolloré. L’action judiciaire est l’un des tremplins nécessaires à cette révolte », a commenté auprès de l’AFP l’avocat de la CGT Spectacle et de la LDH, Me Arié Alimi.
Un « climat dissuasif » à toute critique
« En stigmatisant publiquement les signataires d’une tribune relevant du débat d’intérêt général, les propos de Maxime Saada sont susceptibles de porter atteinte à l’exercice effectif de leur liberté d’expression, en créant un climat dissuasif propre à décourager toute prise de parole critique au sein du secteur audiovisuel et culturel », détaillent le syndicat et l’ONG dans cette assignation au civil, que l’AFP a pu consulter.
Dans ce texte, les demandeurs sollicitent du tribunal judiciaire de…
Auteur: La Croix (avec AFP)

