Tribune anti-Bolloré et réaction de Canal + : le cinéma français au bord de la fracture

Sous les projecteurs de Cannes, c’est une crise politique et culturelle qui s’est invitée sur la Croisette. Après la publication d’une tribune anti-Bolloré signée par près de 600 professionnels du cinéma, les déclarations du président du directoire de Canal+, Maxime Saada, affirmant ne plus vouloir travailler avec les signataires, ont provoqué une onde de choc sur la Croisette et bien au-delà du secteur. Publié dans Libération à la veille de l’ouverture du Festival, le texte dénonçait « l’emprise grandissante de l’extrême droite » sur le cinéma français à travers l’expansion du groupe de Vincent Bolloré. Une accusation qui a immédiatement enflammé le débat car Canal+ occupe une place centrale dans le financement du cinéma français. Premier investisseur du secteur, le groupe représente à lui seul 43 % des apports des diffuseurs dans les films français. Dans ce contexte, les propos de Maxime Saada ont été perçus par une partie du monde du cinéma comme bien plus qu’une réaction épidermique ; ils posent la question de la liberté d’expression dans une industrie largement dépendante de quelques grands groupes privés. Ce lundi 18 mai, sur France Inter, le président du Centre national du cinéma, Gaëtan Bruel, a lui-même exprimé ses réserves : « Sur le plan de la liberté d’expression, ça pose question. Parce que le droit à la critique fait partie de ce principe fondamental. »

Une tribune devenue détonateur

À…

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Auteur: Emma Bador-Fritche

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