À Cannes, la polémique dépasse désormais le cadre d’une simple tribune militante. Les déclarations de Maxime Saada, président du directoire de Canal + affirmant qu’il ne souhaitait plus collaborer avec les signataires d’un texte dénonçant l’influence croissante de Vincent Bolloré sur le cinéma français, ont immédiatement tendu le climat sur la Croisette. Mardi 19 mai, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, a jugé cette réaction « disproportionnée ». Huit jours après sa publication dans Libération, la tribune du collectif « Zapper Bolloré » rassemble désormais près de 2 000 signatures. Ses auteurs s’inquiètent de la montée en puissance de Vincent Bolloré dans la filière, alors que Canal + dont le groupe Bolloré détient environ 30 % du capital, a récemment pris 34 % d’UGC, avec une possible prise de contrôle à partir de 2028. Le milliardaire breton est régulièrement accusé d’utiliser ses médias pour promouvoir des idées proches du Rassemblement national. En annonçant son intention de ne plus travailler avec les signataires, Maxime Saada a surtout mis en lumière une réalité bien connue du secteur : la dépendance du cinéma français à l’égard de Canal + Au-delà du débat sur la liberté d’expression, cette séquence agit comme le révélateur d’un rapport de force économique devenu central dans toute la filière.
Canal + pilier du modèle français
Avec plus de 155 millions d’euros…
Auteur: Emma Bador-Fritche

