Les 19 et 20 septembre, un « Forum mondial des femmes pour la paix » se tenait à Essaouira (Maroc). En instrumentalisant le féminisme, il met sur le même plan la résistance palestinienne et l’armée coloniale, soit colonisé et colonisateur, participant ce faisant à normaliser l’État colonial d’Israël. Nous publions la tribune féministe signée par nombre de personnalités et d’organisations contre cette manipulation, dont Fanny Gallot et Aurore Koechlin, toutes deux membres de la rédaction de Contretemps.
***
Nous, militantes et organisations féministes, dénonçons et appelons au boycott international du Forum Mondial des Femmes pour la Paix, organisé par le mouvement Guerrières de la Paix les 19 et 20 septembre à Essaouira, au Maroc.
Créé en France en 2022, Guerrières de la Paix se présente comme un collectif de femmes juives et musulmanes « pour la paix, la justice et l’égalité ». Depuis le déclenchement de la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza, il déploie une intense propagande qui instrumentalise une rhétorique humaniste pour défendre le statu quo colonial. Sa mise en avant par les médias dominants – notamment en France – contribue à marginaliser les voix qui dénoncent le génocide.
Dans son discours, le collectif met sur un même plan l’État sioniste et la résistance palestinienne, réduisant la réalité coloniale à un « conflit » symétrique entre deux camps. Selon sa fondatrice Hanna Assouline, « il va falloir panser de nombreuses plaies, être capables de pardonner. La liberté et la sécurité des deux peuples sont interdépendantes » (Sud-Ouest Dimanche, 10 novembre 2024). Une telle vision nie l’asymétrie entre une puissance coloniale d’occupation et un peuple opprimé qui lutte pour sa survie et sa dignité. Alors qu’Israël intensifie son offensive pour imposer l’occupation totale de Gaza et poursuivre la colonisation en Cisjordanie, Guerrières de…
Auteur: redaction

