La Collective des Mères Isolées, le groupe Protégeons les Enfants et l’association Justice des Familles nous ont envoyé une tribune en faveur d’une réforme de fond et réellement efficace de la Justice française quant à la gestion des violences intrafamiliales sur les enfants. Entre failles béantes et espoirs, voici leur tribune.
Se retrouver placé du jour au lendemain sous la garde de son agresseur quand on est un enfant qui dénonce des faits de violences sexuelles de la part d’un de ses parents, en France en 2023, c’est possible, et c’est même fréquent !
Le mercredi 19 septembre dernier au petit matin, Sophie Abida, qui se bat depuis le début de l’année 2022 pour protéger ses enfants des violences physiques, psychologiques et sexuelles dont ils accusent eux-mêmes leur père [1], a vu six gendarmes enfoncer sa porte. Ils l’ont ensuite plaquée au sol et menottée, en présence de sa fille de deux ans et demi, Iris, qui hurlait, et qu’ils ont remise de force à son père malgré ses hurlements.
La raison de cette expédition punitive d’une violence sans nom : une décision de la Juge d’Application des Peines du tribunal d’Orléans qui reproche à cette mère de refuser, depuis le 9 janvier 2023, de remettre sa fille cadette au père soupçonné de viol sur ses trois aînés. En effet, alors que Sophie Abida avait elle-même saisi le Juge aux Affaires Familiales du tribunal de Chartres en janvier 2023 afin de protéger ses enfants, ce dernier a ordonné que ses quatre enfants soient transférés au domicile du père. Ce malgré la reconnaissance de faits de violence de la part du père, et malgré les différentes auditions accablantes – auprès des gendarmes comme des professionnels de santé – attestant des sévices endurés par les trois mineurs.
Le pire, c’est que le cas d’Iris et de Sophie n’est, hélas, pas un cas isolé. Il y a aussi Rose, dont la mère Heidi a été condamnée en première instance…
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Auteur: Sharon Houri

