Monsieur le Président,
Cher Paul Magnette,
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre newsletter intitulée « L’été 2025 aura été, pour l’Europe, celui d’une triple capitulation. » Votre constat est sans appel. Vous y dénoncez clairement :
– la capitulation militaire européenne devant la sommation faite par les États-Unis aux pays de l’OTAN de consacrer 5% de leur PIB à l’armement,
– la capitulation commerciale d’Ursula von der Leyen devant Trump lui imposant des droits de douane de 15%, l’achat d’énergie fossile pour 750 milliards d’euros et l’investissement de 600 milliards dans les secteurs stratégiques étasuniens,
– la capitulation morale face au génocide en cours à Gaza.
Grande absente de votre analyse : la capitulation de la réflexion géopolitique. Pas un mot chez vous sur le conflit ukrainien. Tout ce que vous déplorez, c’est que la hausse brutale des dépenses militaires se soit décidée « sans aucune réflexion stratégique sur la manière dont de nouveaux investissements peuvent soutenir notre industrie et nos emplois. »
Votre silence est désolant. En tant qu’intellectuel doué de raison et de sens critique, vous savez que la guerre en Ukraine n’a pas commencé le 24 février 2022 et qu’elle aurait pu être évitée si l’on avait fait droit aux légitimes revendications sécuritaires de la Russie. Vous savez aussi que les milliards consacrés à enrichir le complexe militaro-industriel étasunien seraient mieux utilisés à des fins sociales et environnementales.
Mais voilà, en tant que président de parti, vous pouvez difficilement condamner les propos épidermiques de votre prédécesseur Elio Di Rupo appelant à la paix tout en qualifiant de « barbarie » la stratégie russe, en déclarant solennellement qu’« une victoire de Vladimir Poutine ne serait pas seulement une tragédie pour l’Ukraine : elle serait un basculement pour toute l’Europe » et en concluant par ces…
Auteur: André LACROIX

